Un jour, pas si lointain que ça, tu as décidé de prendre ton courage à deux mains et de te lancer dans la fantastique aventure du métier de photographe indépendant. Tu n’as écouté que ton cœur et tu as foncé vers la liberté et ce fantastique rêve de travailler, enfin, pour toi et pas pour un autre. Dans ce guide, je propose un tour d’horizon des erreurs les plus courantes et les plus populaires, que l’on retrouve chez les photographes qui se lancent en affaires, et malheureusement aussi chez des photographes plus anciens, qui ont du mal à s’en sortir… Faisons le point là-dessus ensemble !


N°1 – Passer son temps à se comparer aux autres photographes

J’observe beaucoup de photographes autour de moi passer un temps important à surfer sur les sites web de leurs concurrents, écrémer les groupes de critiques de photos, regarder les changements et nouveautés sur la manière de faire des uns ou des autres, comparer le nombre de « j’aime » sur la page fan, les performances sur Google…

Je pense que cette pratique à un effet très délétère sur nous-mêmes. A force de trop d’observation sur les autres, nous baissons notre propre estime et notre confiance est affaiblie. En effet, nous trouverons toujours un photographe avec de plus belles photos que les nôtres, avec plus de fan sur sa page Facebook. Au jeu de la comparaison, nous pouvons toujours être moins bon qu’un autre. Est-ce vraiment cela dont nous avons besoin pour assurer notre lancement et sortir de l’ombre fièrement ? Etes-vous en mal de reconnaissance dans la profession ? Pensez-vous réellement que le nombre de « j’aime » sur votre page sera responsable de votre succès commercial ou de votre réussite personnelle ?

Arrêtez un instant de vous comparer aux autres, et focalisez-vous sur vos propres capacités. Développez une bonne estime de vous même en vous impliquant pour vos clients au maximum. Cherchez leur approbations, pas celles des gens sur les réseaux sociaux.


N°2 – Rester seul dans son coin

Lorsque nous nous lançons en affaire, souvent nous sommes un peu seul et nous n’avons pas forcément d’homologues avec qui échanger nos problématiques et partager des idées. C’est le principal piège de l’entrepreneur individuel et nous le savons bien. En France, la mentalité étant fortement individuel et autocentrée, cela n’arrange pas les choses.

Faites-vous des amis photographes. Ne soyez pas timides, plus vous avez des copains photographes, mieux votre entreprise tournera, c’est un fantastique cercle vertueux ! Créez aussi votre réseau avec les autres pros de votre marché (prestataires en tout genre) et branchez-vous au maximum. Oubliez les mots « concurrents» et la peur irrationnelle de se faire voler ses idées. Vous avez peur de ne pas être crédible ? Vous êtes photographe ! Ne n’oubliez pas, c’est votre choix, votre nouvelle réalité, assumez-la ! Échangez avec les autres, montrez que vous êtes une ressource, donnez sans attendre et soyez-vous même. De bonnes choses vous reviendront beaucoup plus vite que vous ne le pensez. Focalisez-vous sur votre travail, mais considérez au maximum vos compatriotes, ils vous le rendront bien.


N°3 – Négliger l’investissement dans la formation

Certains photographes savent très bien rester dans leur coin et se focaliser sur leur propre travail, à tel point qu’ils ne savent même pas ce qui se fait ailleurs dans le monde, ou les ressources existantes autour d’eux, c’est un cas extrême assez triste je trouve, et pourtant bien réel.

Il existe bien des écoles de photographies en France, mais celles-ci ne vous apprendront rien sur l’entreprenariat ou le commerce.

Alors comment diable se former pour devenir un photographe complet ? Il existe aujourd’hui en France de nombreuses ressources disponibles, tout est là pour pallier à chacune de nos lacunes ! Des cours en ligne, des masterclass, des workshops, des séminaires… Elles ne manquent pas, il faut juste faire le choix de s’y coller.


N°4 – Trop diversifier son activité

Quand on se lance, nous sommes souvent animés de la croyance populaire qui dit que plus nous offrons une palette de services large, plus nous augmentons nos chances de survie commerciale. Cela parait logique au premier abord, n’est-ce pas ?

Le piège de la diversification est redoutable pour les entrepreneurs individuels. Si vous voulez pratiquer des tarifs à la hauteur de vos exigences et sortir la tête d’eau à long terme, vous devez être reconnu comme un expert dans votre domaine ! Créez une image de marque de spécialiste et sortez-vous de la tête qu’il faut être sur tous les fronts pour réussir, c’est une terrible idée reçue !

Vous avez peur de vous ennuyer dans une seule activité ? C’est encore une idée reçue. Lorsque vous aurez trouvé votre marché niche, vous pourrez y faire tout ce que vous aimez, et augmenter votre palette de services à ces mêmes clients pour créer de la variété dans votre travail. Vos clients vous apporteront des projets de plus en plus créatifs à mesure que votre image d’expert se fera.


N°5 – Faire des promotions et des tarifs réduits

C’est l’une des pires croyances populaires dans l’esprit des gens : « pour attirer les clients il faut être moins cher ». De nombreuses grandes sociétés font le choix du low-cost, nous sommes souvent tentés de faire pareil. Seulement eux, ont une vraie stratégie…

Parfois, les photographes en mal de client sont tentés de faire la politique de la promotion pour tenter de tirer leur épingle du jeu: « séance photos à 100€ ce weekend, -50% pour le 1er client, séance photo de couple offerte pour votre mariage… »

Par expérience, je peux vous dire une chose : non seulement les promotions ne fonctionnent pas (à moins d’être excessivement attractives) mais elles vous apportent de mauvais clients et des opportunistes. Dans tous les cas, elles nuisent à l’image de votre entreprise en vous faisant passer pour un photographe au rabais. Pensez-vous que c’est une bonne chose pour la longévité et la pérennité de votre activité ?

La question qu’il faut se poser est : souhaitez-vous des clients attirés par la valeur d’un travail unique ou par un prix attractif ? Souhaitez-vous des clients qui viennent pour VOUS et VOS IMAGES ou alors pour votre prix?


N°6 – Tout miser sur son site internet

Ayant grandit avec Google, nous sommes tellement dépendant que nous pensons qu’il s’agit là de la seule option possible pour que nos clients nous trouvent. Ensuite, enfant de Facebook, nous pensons que les réseaux sociaux sont indispensables afin que l’on visite nos précieux sites web ! Que ferions-nous sans ces géants de l’information ?

Lorsque nous concevons nos sites web, souvent nous y mettons beaucoup de cœur et de convictions. Parfois beaucoup trop ! Seriez-vous capable de lancer votre activité sans un site web ? D’après vous, comment font ces entrepreneurs dans d’autres branches qui tournent avec des sites web obsolètes et non tenus à jour ? Sont-ils des exceptions ? Essayez-vous de trouver des prétextes car vous êtes photographes et que vous pensez que « pour nous c’est différent » ?

Si vous passez votre vie à refaire votre site internet, peut être avez-vous un problème pour définir ce que vous voulez vraiment ? Estimez-vous que vous êtes à l’aise avec votre image de marque ou plutôt que celle-ci est transitoire et incertaine ? Avez-vous défini une stratégie pour attirer les gens sur votre site Internet ou vous contentez-vous d’essayer de le rendre plus joli et fonctionnel en permanence pour vous donner du courage et de l’espoir?


N°7 – Tout miser sur son matériel

Nous autres photographes, nous devons bien l’avouer, sommes des geeks en puissance. Derrière le prétexte de la passion pour la photographie, nous aimons le matériel et les outils sophistiqués. Nous rêvons du dernier boîtier avec l’incroyable capteur, du dernier objectif qui a un meilleur piqué et qualité d’image à pleine ouverture…

J’observe régulièrement les autres photographes dans leurs comportements sur les réseaux sociaux. J’ai remarqué un fait étonnant : les photographes qui sont le plus focalisés sur le matériel sont souvent ceux dont l’entreprise ne décolle pas, ou reste vraiment modeste. A l’inverse, les photographes qui cartonnent ne parlent pas de matériel, ils parlent de photographie ou de business. Je vois même des photographes dont l’estime d’eux même augmente fortement lorsqu’ils viennent de se saigner pour acheter le dernier matériel dernier cri.

Etes-vous sûr que les clients se soucient de votre matériel et de vos objectifs ? Pensez-vous que votre entreprise a besoin du meilleur matériel pour assurer une rentrée d’argent stable ? Pensez-vous qu’il faille le meilleur matériel pour décrocher des prix et des récompenses photographiques ?


N°8 – Ne pas faire de plan de charges

D’un format particulièrement lourd et pompeux (à mon sens), le business plan classique est un modèle de projection peu adapté à l’entrepreneur individuel qui gère un business simplifié. Surtout que la plupart d’entre nous (pour ne pas dire tout le monde) ne sais pas comment le faire et n’en fait pas.

Que vous décidiez de faire un business plan pur et dur, ou une version allégée pour vous projeter est une chose saine. Mais il y a une composante qui n’est pas implicite dans le business plan : vos besoins.

Avez-vous déjà pris la peine de les caractériser intégralement ? Connaissez-vous votre salaire minimum nécessaire pour vivre ? Le montant de vos charges incompressibles ? De votre capacité d’épargne ? De votre train de vie ?

Faire ce travail n’est pas juste un luxe, il est absolument nécessaire pour pouvoir définir votre stratégie commerciale, vos tarifs et vos objectifs. Sinon, sur quoi vous basez vous pour calculer vos prix de ventes ? Le reste du marché ? Vos concurrents dans le quartier ?


N°9 – Ne pas vendre d’album

Pour chaque service que nous rendons, le client nous rémunère. Pourquoi ne pas alors proposer le maximum de services pour augmenter notre potentiel commercial ? Attention, je n’ai pas dit augmenter nos spécialités, j’ai dit augmenter nos services pour une clientèle donnée.

La plupart des photographes, surtout ceux de la nouvelle génération, ne raisonnent que par le numérique. Ils n’ont pas baigné dans l’univers de la photographie sur papier, et ne connaissent pas ces plaisirs et ces valeurs particulières. Pourtant, il existe bel et bien des gens qui recherchent de la valeur et qui sont prêts à payer pour de belles photos imprimées. Parfois, vous imaginez que vos clients ne sont pas prêts à dépenser pour d’avantage que votre service de base, vous vous projetez sur eux en imaginant comment vous agiriez si vous étiez client d’un photographe. Mais la réalité est tout autre : vous n’êtes pas votre client !

Proposer des albums, c’est rendre un service fort à nos clients: celui de faire vivre leurs photos indépendamment de tout système numérique, leur offrir la possibilité de partager un vrai moment convivial pour revivre leurs grands moments ensemble, leur permettre de constituer un patrimoine émotionnel et affectif qui ne sera pas noyé sur un disque dur parmi des milliers de photos de vacances non triées…


N°10 – Augmenter ses tarifs trop lentement

A nos débuts, nous proposons un tarif abordable pour entrer en douceur sur le marché, c’est une chose logique.  Ensuite (dans le meilleur des cas), les clients commencent à affluer et le carnet de commandes se rempli, c’est super ! Rapidement, l’on se rend compte que notre politique de tarifs doit évoluer : nous voulons être récompensés à la hauteur de notre sueur pour toutes ces prestations enchaînées avec conviction. A ce moment-là, l’on se dit qu’à la prochaine saison, on augmentera son tarif de 10% pour pallier à ce problème.

Deux ou trois saisons s’écoulent ensuite, et le problème est toujours là. On travaille comme des mulets, les clients sont présents, le succès semble atteint, pourtant il y a toujours quelque chose qui coince. L’on se sent un peu victime de son succès. Alors l’on se dit que l’on va de nouveau augmenter son tarif de 10% à la prochaine saison et attendre de voir ce qu’il se passe.

Savez-vous à quoi ressemble cette logique d’augmentation des prix ? A celle d’un salarié qui obtient des petites promotions dans son entreprise. La question que je vous pose maintenant : êtes-vous salarié pour un autre patron ? La réponse est NON ! Vous êtes indépendants et vous êtes aux commandes ! Pourquoi seriez-vous donc sur une politique de prix de salarié?

Vous êtes en plein droit d’utiliser la loi de l’offre et de la demande. Si votre demande est forte, que les clients viennent en nombre suffisant vers vous, augmentez vos tarifs sans attendre ! Aucune raison de patienter un an. Modifier votre prix est le moyen le plus simple d’équilibrer la balance de l’offre et de la demande. Actionnez ce levier quand vous le voulez, c’est vous le patron !


N°11 – Penser que vous n’avez qu’à faire des photos pour réussir

Quoi de plus logique que de penser, pour réussir en tant que photographe, qu’il suffit de savoir… faire de jolies photos! Si vous pensez que cela suffira pour alimenter votre page Facebook / Instagram, votre entreprise ne passera certainement pas le cap des 3 années décisives…

Dès lors que vous choisissez de créer votre entreprise, même si vous êtes en solo, vous accédez à tous les postes d’une grande entreprise en même temps ! Il y a le responsable de communication, le directeur marketing, les ressources humaines, le département recherche et développement, le chef de projet, les agents commerciaux, les techniciens…

Vous pensiez peut-être échapper à tout cela ? Malheureusement non, vous devez y faire face. Des études statistiques ont montré que les photographes indépendants consacrent la majeure partie de leur temps à la retouche photo et aux réseaux sociaux, ensuite à la prise de vue. Tous les autres postes sont souvent négligés en termes de temps utile. Le marketing est une des disciplines les moins aimées par les photographes. Pourtant, si vous voulez réussir, c’est un outil indispensable à maîtriser.


N°12 – Penser que les problèmes viennent toujours de l’extérieur

La vie du photographe indépendant n’est pas toute rose. Nous avons souvent des petits tracas dans nos relations avec les clients, nos règles ne sont pas si faciles à faire appliquer, il y a des choses que nous voudrions faire, des choses que nous aimerions vendre, pourtant cela nous semble parfois impossible.

Au bout d’un temps, nous finissons par accepter la situation et à la placer derrière un certains nombres d’excuses : « oui mais ce sont mes clients qui sont comme ça… », « oui mais les gens ne veulent pas payer pour ça… », « oui mais je ne peux faire ça / instaurer cette méthode, ça ne passera pas… » Et si toutes ces excuses n’étaient que des inventions de l’esprit pour retirer sa propre responsabilité dans l’histoire ? Et si le problème au final, c’était… nous ?

Pour devenir un chef d’entreprise accomplit, même en solo, il nous faut prendre conscience de notre responsabilité dans nos conditions de travail, et faire en sorte d’avoir une mentalité adéquate. Le travail en développement personnel permet d’atteindre cette maturité de l’esprit. 

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